Claude Gazier L’architecte rêveur d’images cinématographiques
Architecte de formation,fasciné par le cinéma des années 50, la peinture de Claude Gazier est hantée par une certaine rêverie du transport de l’image cinématographique dans l’espace et dans le temps, et par sa matérialisation sur l’écran. Une série de peintures récentes nous propose des fragments d’images de films mythiques, incrustées sur la matière granuleuse de l’écran - toile, comme s’il s’agissait de capter et de fixer durablement une parcelle d’émotion ancienne, ou bien l’évanescence d’un souvenir.
Il y a aussi les anamorphoses, qui, faisant jouer la position du regard du spectateur, constituent aussi une façon de reconstituer une présence disparue, de réactiver une mémoire et une émotion lointaine, par la magie de cet artifice optique.
Troublante et émouvante en effet cette anamorphose d’une image de «Play Time» célèbre film de Jacques Tati. Cette toile - tapis immense qui, posée au sol et regardée selon un certain angle (et avec un seul œil), crée l’illusion d’une réalité en trois dimensions et un sentiment d’étrange vertige spatio-temporel.
Tout n’est qu'illusion d’optique et de mémoire....
Martin Rey (Artension n°43 Septembre Octobre 2008).